Sous le patronage de Patrick Wattellin, proviseur,
conf2
organisées en salle des conférences

Cycle 2017 - 2018
 

 
jeudi 18 janvier 2018
à 19h

« UNE POLITIQUE ETRANGERE « PROGRESSISTE » AUX ÉTATS-UNIS (1901-1920) ? »

une conférence de Simon GRIVET, maître de conférences en civilisation et histoire des États-Unis, Université de Lille

L’historien américain William LEUCHTENBERG souligne dans un article déjà ancien ce paradoxe : la plupart des hommes politiques « progressistes » ont largement soutenu la politique étrangère expansionniste menée par leur pays à la fin du XIXe et au début du XXe siècle en Asie, dans le Pacifique ou en Amérique centrale et aux Caraïbes. Comment rendre compte de cette apparente contradiction entre un mouvement, certes multiple et presque insaisissable sous certains aspects, mais qui défendait l’approfondissement de la démocratie, l’égalité homme-femme, l’éducation, le rôle régulateur de l’État et de la puissance publique dans la vie socioéconomique, etc. avec la politique proprement impérialiste menée à partir de la guerre à l’Espagne en 1898 ? Derrière cette apparente contradiction se trouve en réalité une cohérence surprenante. De nombreux progressistes voyaient dans les aventures guerrières de leur pays l’accomplissement d’une mission et d’une destinée permettant de répandre la démocratie dans le monde. Leur progressisme se montrait alors compatible à la fois avec le « nationalisme civique » de Roosevelt et avec certains aspects de l’idéalisme wilsonien.

 

mardi 9 janvier 2018
à 19h

« PENSER LE LIBAN (1943-1990) »

une conférence de Stéphane MALSAGNE, historien, docteur en Histoire (Paris I), enseignant à Sciences-Po, auteur de Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’histoire libanaise (Karthala 2011), Louis-Joseph Lebret : Journal au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964) (Geuthner 2014), Charles-Eudes Bonin (1865-1929), explorateur et diplomate (Geuthner 2015)

De l’indépendance obtenue en 1943 après 23 ans de mandat français, jusqu’à la fin d’une guerre destructrice de quinze ans en 1990, le Liban est un pays spécifique au Moyen-Orient. Laboratoire du confessionnalisme politique, il fut d’abord dans les années cinquante et soixante le théâtre d’expériences politiques inédites et un foyer d’attraction privilégié des élites intellectuelles et politiques arabes. Le Liban n’est pourtant pas cette « Suisse du Moyen-Orient » que les brochures publicitaires s’évertuent à présenter et le « miracle libanais » d’avant-guerre tient lui aussi largement du mythe. Depuis le XIXe s., le poids des ingérences étrangères a fortement et continuellement façonné ce pays dont l’Etat émancipé de la tutelle française, n’est pourtant jamais parvenu à se transformer en Etat-nation. La désintégration de l’Etat a précédé la longue période de la guerre dite « civile » (1975 et 1990) où le poids des facteurs régionaux atteint son apogée. Cette guerre à la grille de lecture multiscalaire fut à bien des égards une « guerre pour les autres ».

 

lundi 27 novembre 2017
à 19h

« Quelle Histoire pour l'Europe ?

Europa. Notre Histoire (Les Arènes, 2017) »

une conférence de Thomas SERRIER, professeur des Universités, Lille III.


EUROPA. Notre Histoire,
pour savoir qui nous sommes. Une enquête conduite par 109 historiens et intellectuels du monde entier pour explorer notre histoire. Pour savoir d’où nous venons. Une traversée de 25 siècles pour raconter les héritages qui nous façonnent.
En dépassant le cadre de notre seul pays pour se placer à l’échelle de toute l’Europe, ce livre répond aux questions que chacun se pose : QUI SOMMES- NOUS ? D’OÙ VENONS- NOUS ? OÙ ALLONS-NOUS ? La réponse en un volume de 1392 pages.

 

jeudi 9 novembre 2017
à 18h

« L’exercice du métier de journaliste.
Les filières professionnelles vers ce métier. »


une conférence de Nicolas CRESTEL, journaliste et responsable pédagogique de l’Académie E.S.J. de Lille.


Créée en 1924, l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille) est l’une des premières écoles professionnelles de formation au journalisme en Europe et la première école en France.

 

mardi 3 octobre 2017
à 19h

« RÉSISTER AU FÉMININ DANS LA ZONE INTERDITE.
1940-1944, ET APRÈS ? »


une conférence de Catherine LACOUR-ASTOL, docteure en histoire contemporaine, IA-IPR d’histoire-géographie, académie de Lille.


Plus encore que la Résistance dont l’histoire a longtemps été écrite au masculin, la mobilisation des femmes dans la Résistance, pourtant objet d’un hommage immédiat, a connu une historicisation délicate. Interroger la Résistance dans une perspective de genre, c’est prendre appui sur les avancées d’une recherche récente et ainsi éclairer un engagement spécifique tant par ses modalités que par son devenir. C’est aussi mettre en évidence une autonomie féminine insoupçonnée. Inscrit dans un espace singulier à plus d’un titre – la zone interdite, soit les départements du Nord et du Pas-de-Calais -, le propos vise aussi à éclairer la diversité des régimes et des expériences d’occupation, la pluralité des engagements résistants, et donc la dimension territoriale de la Résistance.

 

jeudi 28 septembre 2017
à 19h

« CANNES 1939, LE FESTIVAL QUI A EU LIEUX »

une conférence de Olivier LOUBES, professeur d’histoire en khâgne au lycée Saint-Sernin de Toulouse, historien de l’imaginaire politique et de l’enseignement (CNRS FRAMESPA/Université de Toulouse 2 Jean Jaurès), correspondant de la revue L’Histoire.


Tout était prêt ! Pourtant, le 29 août 1939, la guerre qui va éclater annule la toute première édition – prévue du 1er au 20 septembre – de ce qui allait devenir le principal événement culturel mondial. Cannes 1939 n’a donc pas eu lieu. Pourtant ce festival a existé en de nombreux lieux. L’ambition de cette conférence sera justement de parcourir ces lieux en images pour comprendre ce que signifiait la création d’un Festival international du Film en 1939. Grâce aux archives abondantes et inédites du Festival et à l’analyse des films sélectionnés en compétition, on ira de Venise à Cannes en passant par Munich, New York et Paris. En deux secondes de cinéma, c’est à dire en deux fois 24 images, il s’agira d’abord de voir que la fabrique de Cannes 1939 fut le lieu de l’invention d’une diplomatie culturelle antifasciste (sans oublier de questionner chemin faisant le rapport entre les Etats-Unis et le monde). Puis en s’attachant au contenu des films sélectionnés, on se demandera si cette première séance ne fut pas avant tout « l’anthologie prémonitoire » (G. Perec) des festivals à venir.