Cours de chimie Organique - G. Dupuis - Lycée Faidherbe de Lille
Eléments de spectroscopie RMN
(travail en cours)
Introduction
Le phénomène physique sur lequel repose la résonance magnétique nucléaire (RMN) a été étudié en 1945 par des groupes de physiciens dirigés par Purcell (Université de Harvard) et Bloch (Université de Stanford) [25]. Depuis cette date, la technique a connu un développement spectaculaire dans différents domaines. La RMN apporte des renseignements extrêmement intéressants sur la structure des molécules. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) constitue une méthode très utile pour visualiser les tissus mous des organismes vivants [27].Noyau unique dans un champ magnétique en l'absence d'environnement chimique
On peut remarquer d'ores et déjà que le noyau de carbone 12C ne figure pas dans cette liste. Son moment magnétique intrinsèque est nul. Ce fait expérimental sera justifié plus loin.
Notons bien que ce qui précède est relatif à un noyau unique dans le cadre de la théorie classique.

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La valeur de I, dépend de la nature du noyau.
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A |
Z |
I |
Exemples |
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pair |
pair |
0 |
12C,16O,32S |
|
pair |
impair |
entier |
2H, 14N |
|
impair |
impair |
demi entier |
1H, 13C, 19F, |
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Aspect quantique de l'énergie d'interaction avec un champ magnétique Si Iz
En l'absence de champ magnétique, le moment magétique d'un noyau isolé peut prendre toutes les directions possibles et celles-ci correspondent à la même énergie (dégénérescence des niveaux d'énergie). Si l'on applique un champ magnétique extérieur B0, le noyau de moment magnétique m va interagir avec le champ.
La résolution du problème en mécanique quantique conduit à une énergie d'interaction de la forme :
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A ces deux valeurs de mI correspondent deux valeurs possibles pour l'énergie en présence d'un champ magnétique. L'énergie d'interaction la plus basse correspond à 1'alignement entre B0 et le moment magnétique m.
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Pour le proton, aux deux orientations de Iz, correspondent deux valeurs de l'angle q entre la direction de B0 et celle de I.


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Condition de résonance pour un noyau unique en théorie quantique Pour le proton, g = 2,67522.108 rad.T-1.s-1. Dans un champ magnétique de 1 T, on obtient : Dans le spectre électromagnétique ces ondes appartenant au domaine des ondes utilisées en radiodiffusion. Transitions de résonance magnétique dans la matière Compte tenu de la très faible valeur de la différence d'énergie entre les deux niveaux, on peut faire l'approximation suivante : Cet écart entre les deux populations est extrêmement faible. On comprend, l'intérêt qu'il y a à utiliser le champ magnétique le plus élevé possible afin d'accroître l'écart des populations.
Notons que la mesure directe de l'aimantation d'équilibre M0 est quasi-impossible car sa valeur, très faible la rend très difficile à extraire du bruit de fond.
Il s'agit d'un système assez simple car il ne possède que deux niveaux.

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Lorsque l'échantillon est plongé dans un champ magnétique statique, les différents moments magnétiques effectuent un mouvement de précession autour du champ B0 à la vitesse angulaire de Larmor. Ils sont assujetis à se déplacer sur deux cônes de précession.
Du fait du léger excès de la population des spins a par rapport aux spins b, l'aimantation totale d'équilibre, caractérisée par le vecteur M0, possède la même direction et le même sens que le champ magnétique B0 c'est à dire longitudinale. L'aimantation M0 d'équilibre croit avec la densité de protons et avec l'intensité du champ magnétique statique.
Les différents moments magnétiques sont répartis de façon équiprobables sur les deux cônes de précession. Il n'existe aucune relation de phase entre eux. Les composantes horizontales des moments magnétiques peuvent donc prendre toutes les orientations possibles dans l'espace. Il en résulte que l'aimantation transversale Mxy, dans le plan xOy est nulle.
Comment induire des transitions dans la matière ?
L'idée est de provoquer une modification de l'aimantation au moyen d'un second champ magnétique de direction convenable appliqué pendant une durée limitée très courte. Il y a alors, comme on va le voir, création d'une aimantation dans le plan transversal. On étudie ensuite la phase de relaxation au cours de laquelle l'aimantation retrouve progressivement sa valeur d'équilibre.
A ce stade, il est commode pour simplifier le raisonnement d'introduire un nouveau référentiel appelé référentiel tournant R (OXYZ). Il s'agit d'un référentiel dont l'axe OZ est confondu avec l'axe Oz du référentiel fixe R0 et dont les axes OX et OY tournent par rapport aux axes Ox et Oy respectivement, avec la vitesse angulaire de Larmor.

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Appliquons dans le plan perpendiculaire à Oz, un champ magnétique B1 dont l'extrémité tourne autour de B0, dans le référentiel du laboratoire (O,x,y,z), avec une vitesse angulaire précisément égale à la vitesse angulaire de Larmor. Ce champ est appelé champ tournant. Dans le référentiel tournant, (OXYZ) B1 garde une direction fixe (OY) au cours du temps.

Du fait de l'égalité des vitesses angulaires, de rotation de B1 et de précession des moments magnétiques individuels, on observe un phénomène de résonance. Au niveau macroscopique, tout se passe comme si le vecteur aimantation était soumis à un couple de la part du champ B1. Ce couple va provoquer un basculement du vecteur aimantation dans un plan perpendiculaire à B1. Le basculement se mesure par un angle f. La valeur de f est proportionnelle à l'intensité du champ magnétique et à la durée t d'excitation. En choisissant convenablement la durée de l'impulsion, on peut donc ajuster la valeur de f.
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Une valeur de f = 180° correspondrait à une inversion complète de population conduisant à un retournement de l'aimantation dans un sens exactement opposé à l'aimantation d'équilibre.
Une étude plus approfondie montre qu'à l'échelle microscopique, le basculement de f = 90° comme dans le dessin ci-dessus, entraîne deux phénomènes :
Phénomènes de relaxation Cet écart va donc varier selon une loi exponentielle avec une constante de temps t.
Dans une première approche phénoménologique, l'évolution temporelle du système est décrite par le vecteur aimantation. Son évolution au cours du temps est donnée par les équations de Bloch.
On appelle relaxation nucléaire l'évolution d'un système de spins nucléaires vers l'équilibre thermodynamique. Désignons par N l'écart du nombre de noyaux par rapport à la répartition de Boltzmann, celui-ci va évoluer selon
une cinétique du premier ordre.
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Le retour de la composante Mz de l'aimantation à sa valeur initiale M0z correspond à la relaxation longitudinale. Elle est due à un échange d'énergie entre les noyaux et leur environnement. Elle porte aussi le nom de relaxation spin-réseau. La constante de temps T1 est d'autant plus petite que les noyaux sont liés à des molécules de plus grande masse molaire. Compte-tenu de la faiblesse des interactions entre les spins et le réseau, elle est de l'ordre de quelques secondes pour un liquide mais elle peut atteindre plusieurs heures dans le cas des solides. Ce processus de relaxation est associé à un transfert d'énergie. A l'échelle macroscopique il s'agit d'un transfert d'enthalpie. |
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Après le basculement, la composante transversale de l'aimantation va diminuer puis s'annuler avec un temps de relaxation T2. Ce phénomène est dû à l'interaction entre les spins nucléaires qui provoque une perte de cohérence de phase des moments magnétiques dans leur mouvement autour de B0. Cette désynchronisation des aimantations élémentaires est appelé relaxation spin-spin. Elle s'effectue plus rapidement que le retour à l'équilibre de la composante longitudinale. Le temps de relaxation T2 est donc toujours inférieur au temps de relaxation T1. Ce processus de relaxation est associé à une perte de cohérence des moments magnétiques donc a une modification de l'ordre à énergie globale constante. Il a un aspect entropique. Cette perte de cohérence ne peut être justifiée que par un calcul quantique. |
Si l'on s'intéresse à l'une des composantes transversales, par exemple Mx, on obtient une sinusoïde amortie dont l'allure est donnée ci dessous.
Un tel signal provoque par induction un signal dans une bobine placée le long de l'axe Ox. C'est ce signal dit de précession libre (en anglais : free induction decay FID) qui est enregistré.
Remarque : la perte de cohérence de phase des moments magnétiques est un phénomène qui n'est pas élémentaire et dont l'explication correcte ne peut être donnée qu'en utilisant la mécanique quantique : consulter [2]
Constitution d'un spectromètre RMN
Appareils à onde continue Ces appareils ne possèdent plus qu'un intérêt historique. Appareils à onde pulsée
S'il n'y a dans l'échantillon qu'un seul type de noyau, le signal est constitué d'une seule sinusoïde amortie. L'allure de la courbe donnant le signal en fonction du temps a donc l'allure suivante.
Pour observer la résonance, il y a a priori deux méthodes :
La méthode découverte par le physico-chimiste suisse Richard Ernst en 1966 consiste à irradier l'échantillon à l'aide d'une série d'impulsions électromagnétiques de durée très courte (quelques microsecondes) qui contiennent la gamme de fréquences à étudier [26].
Supposons que la substance ne comporte qu'un seul type de noyaux. Il y aura absorption d'énergie lorsque l'une des fréquence de la gamme envoyée correspondra à la fréquence de résonance de ce noyau. Comme on l'a vu plus haut, cette excitation fait basculer le vecteur aimantation d'un certain angle (par exemple 90°). Lorsque l'impulsion cesse, l'aimantation reprend sa valeur initiale colinéaire au champ magnétique.


Pour une sinusoïde amortie, la transformée de Fourier dans l'espace des fréquences est une raie unique. Pour un signal complexe, on aura autant de raies de fréquences différentes qu'il y a de groupes de noyaux différents.
En résumé une expérience de spectroscopie comporte trois phases : impulsion, acquisition du signal, transformation de Fourier.
L'un des grands intérêts de la RMN pulsée est qu'on peut se livrer à une suite d'expériences successives afin d'accumuler le maximum de données avant de procéder à la transformation de Fourier. Comme le bruit de fond est aléatoire cela a pour effet d'accroître considérablement le rapport signal sur bruit. Les appareils modernes fonctionnent sur ce principe. Les travaux de R. Ernst, et les développements qu'ils ont suscités lui ont valu le prix Nobel de Chimie en 1991. Pour la petite histoire, notons que l'article original dans lequel la RMN pulsée est introduite, a été refusé deux fois par le Journal of Chemical Physics avant d'être finalement publié.
Aspect technique
Un champ magnétique statique Bo aussi homogène et stable que possible est appliqué à l'échantillon. Ce champ (14.1 T, à 600 MHz) est obtenu grâce à une bobine supra-conductrice plongée dans un cryostat rempli d'hélium liquide. L'homogénéité du champ magnétique est obtenue grâce à des bobines appelées shims. Certaines de ces bobines se trouvent dans le cryoaimant (shims froids) tandis que d'autres sont à l'extérieur à la température ambiante (shims chauds). La stabilité du champ statique est assurée à l'aide d'une bobine auxiliaire par l'asservissement ("lock") du courant.
Le champ tournant B1 est appliqué dans le plan xOy ce qui permet de transférer l'aimantation M dans ce plan.

Parmi les facteurs qui déterminent la largeur des raies, les processus de relaxation sont donc très importants. D'une façon générale, des temps de relaxation courts entraînent un élargissement des raies et inversement. Il est possible de préciser les choses lorsqu'on connaît le profil de la répartition spectrale. Si celle-ci obéit à une courbe de Lorentz.

La représentation graphique est donnée ci-dessous :

La largeur a mi-hauteur a pour expression :

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Puisque l'on enregistre les variations de l'aimantation transversale, la raie sera d'autant plus fine que la durée de relaxation spin-spin est plus grande.
Déplacement chimique
Définition Plus la densité électronique autour du noyau est grande, plus la constante d'écran est élevée et plus le champ à appliquer est grand. Repérage du déplacement chimique Les constantes d'écran sont beaucoup plus petites que l'unité (de l'ordre de 10-6), de sorte qu'avec une excellente approximation, on peut écrire. Dans les premiers spectromètres RMN la fréquence de l'onde radiofréquence était fixe et la résonance était obtenue par balayage du champ qui augmentait de gauche à droite sur les spectres. Ce sens a été conservé pour le champ. Du fait de cette convention, le déplacement chimique croit de droite à gauche sur un spectre. Puisqu'il existe une relation de proportionalité entre le champ magnétique et la fréquence de résonance, on peut aussi exprimer le déplacement chimique en privilégiant la fréquence au lieu du champ. Cette expression est mieux adaptée aux appareils fonctionnant à champ fixe, ce qui est le cas des appareils modernes à onde pulsée.
Dans le spectre suivant, le déplacement chimique des protons est d'autant plus grand qu'ils sont plus proches de l'atome d'oxygène qui est le plus électronégatif. Un autre effet à prendre en considération est l'anisotropie de la de la susceptibilité magnétique de la molécule à l'origine de courants de cycles. On interprète ainsi :
Topicité Composés Identiques Enantiomères Diastéréoisomères Type de proton homotopiques énantiotopiques diastéréotopiques Isochronie toujours non en solvant chiral non
En présence d'un environnement électronique, le champ appliqué Be pour obtenir la résonance d'un proton est supérieur au champ correspondant à la résonance d'un proton totalement dépourvu d'environnement chimique (proton nu). En effet le champ appliqué engendre de la part des électrons entourant le noyau, un champ induit Bi qui s'oppose au champ appliqué. A l'échelle macroscopique cela revient à dire que les électrons forment un écran autour du proton . On dit aussi que le proton est blindé.
Cet effet de blindage peut être caractérisé par une grandeur s appelée constante d'écran. ![]()
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Face à l'impossibilité pratique de trouver des noyaux dépourvus d'environnement chimique, on utilise une substance de référence pour repérer les champs auxquels résonnent les différents types de protons. Le tétraméthylsilane (TMS) a été choisi car ce composé combine plusieurs avantages :
Le glissement relatif de champ magnétique, noté d, est appelé déplacement chimique (en anglais : chemical shift). Sa valeur est très faible. C'est la raison pour laquelle on multiplie la fraction par 106 et on exprime d en parties par million (ppm).![]()

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La notion de prochiralité a été définie en stéréochimie. Des protons placés dans le même environnement chimique possèdent le même déplacement chimique. On dit qu'ils sont isochrones. On peut ainsi dresser le tableau suivant.
Déplacements chimiques de protons diastéréotopiques Certaines réactions provoquent l'apparition de protons diastéréotopiques qui peuvent donc être distingués en RMN. Un exemple d'une telle situation se rencontre lors de l'addition d'un nucléophile sur les faces prochirales d'un groupe carbonyle. Dans l'a-bromocétone de départ, les protons du méthylène sont énantiotopiques.
La création du centre chiral rend les protons du méthylène diastéréotopiques. Quelle que soit la conformation, ces protons ne sont jamais dans le même environnement. Ces protons se traduisent par un doublet dans le spectre ci-dessous. Courbe d'intégration Le couplage spin-spin
Un cas intéressant est celui de deux protons d'un groupe méthylène situé en a d'un centre chiral. Dans la molécule ci-dessous, les protons Ha et Hb sont diastéréotopiques. Quelle que soit la conformation, l'environnement chimique de Ha est différent de celui de Hb. Leur déplacement chimique est donc différent.






|
Couplage |
Nombre de liaisons |
Nom |
|
2J |
2 |
géminal |
|
3J |
3 |
vicinal |
|
4J |
4 |
longue distance |

Nous allons commencer par raisonner sur l'exemple du couplage entre deux protons en utilisant un modèle vectoriel élémentaire.
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On en déduit que le couplage est parfaitement réciproque et se caractérise par une constante de couplage unique.
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Le couplage entre deux noyaux est donc caractérisé par une seule constante de couplage J dont la valeur dépend de la nature des noyaux couplés. Le couplage n'est pas influencé par le champ appliqué car il fait intervenir le champ créé par les protons voisins. La constante de couplage est donc indépendante du champ appliqué.
Dans le spectre, le signal de A va être éclaté en deux pics. L'écart entre les pics est égal à la constante de couplage exprimée en Hz.

Puisque le couplage est réciproque, le signal de X est aussi éclaté en deux composantes avec le même écart.

Equivalence magnétique
Heureusement, tous les noyaux ne sont pas couplés entre-eux car cela entraînerait une très grande complication des spectres. Pour que les couplages entre noyaux n'apparaissent pas, ceux-ci doivent être magnétiquement équivalents.
Considérons un ensemble de noyaux Ai. On dit que ces noyaux sont magnétiquement équivalents si, et seulement si :
Dans l'exemple suivant, les noyaux A et A' ne sont pas isogames car ils n'ont pas les mêmes constantes de couplages avec les noyaux X et X'. Il s'agit d'un système AA'XX' et non d'un système A2X2.

De même dans l'exemple ci-dessous A et A' ne sont pas isogames.

En revanche, les noyaux A et A' sont isogames dans la molécule suivante. Leur couplage est invisible dans le spectre. Il s'agit d'un système A2X.


|
Protons |
H1H2 |
H3H4 |
H5 |
|
Système |
AA' |
BB' |
C |
|
Protons |
H1H2 |
H3H4 H5 |
|
Système |
A2 |
B3 |
Remarque : dans les exemples précédents les protons H1 et H2 sont énantiotopiques et ils sont donc isochrones (dans un solvant achiral). Il n'en serait pas de même si la présence voisine d'un centre chiral les rendait diastéréotopiques.
Ordre des couplages Lorsqu'un système de protons est analysable au premier ordre les groupes de protons chimiquement équivalents sont désignés par des lettres éloignées dans l'alphabet. Par exemple deux protons sont désignés par AX. Trois protons couplés par AMX.
Si la condition précédente n'est pas réalisée, le couplage est fort. On dit que le spectre est du second ordre. Le nombre et l'intensité des raies sont modifiées. Les déplacements chimiques ne peuvent pas être lus directement sur le spectre. L'analyse spectrale ne peut être effectuée que par le calcul.
De même, la mesure directe de J n'est plus possible.
On peut revenir à un spectre du premier ordre en augmentant le champ magnétique. En effet, la constante de couplage est indépendante du champ appliqué mais la différence de fréquence entre deux noyaux croit avec lui.
Le couplage est faible, lorsque :






Couplage géminal
On appelle couplage géminal, le couplage entre deux protons liés à un même atome de carbone. Ce type de couplage n'est pas fréquemment observé car les protons géminés sont souvent rendus magnétiquement équivalents en moyenne par les mouvements conformationnels. La constante de couplage est négative. Sa valeur absolue dépend fortement de l'angle entre les liaisons.

En série cyclique, le couplage géminal est observable dans les systèmes suivants.

Dans le premier, le basculement conformationnel est bloqué du fait de la présence du groupe tertiobutyle. Dans le second, la rigidité du système bicyclique, interdit l'échange entre les atomes d'hydrogène endo et exo.
En série acyclique, on observe ce type de couplage entre protons diastéréotopiques. Un cas particulièrement important est celui d'un groupe méthylène adjacent à un centre chiral.
Couplage vicinal L'étude de la conformation des cycles peut être menée à bien grâce à cette méthode.
Il s'agit du couplage entre des protons séparés par trois liaisons. La constante de couplage est souvent notée 3J.





|
Protons |
HaxHax |
HaxHéq |
HéqHéq |
|
q (°) |
180 |
60 |
60 |
|
3J |
11,8 |
3,9 |
3,9 |
Si la conformation n'est pas rigide, on observe des valeurs moyennes du fait du basculement conformationnel.
Comme application, considérons les spectres RMN des composés I et II. Le basculement conformationnel est bloqué grâce à la présence du groupe tertiobutyle :
La spectroscopie de RMN permet de distinguer les composés éthyléniques diastéréoisomères.
Couplage à longue distance On observe des couplages à très longue distance (jusqu'à 9J) chez les polyynes.
Couplage fort La figure ci-dessous montre l'évolution d'un système AX au fur et à mesure que le rapport Dn/J, diminue. Lorsque la différence des déplacements chimiques augmente, le système AB se rapproche graduellement d'un système AX.
Au contraire quand elle tend vers zéro, les pics externes disparaissent quelle que soit la valeur de J. On obtient un pic unique. C'est pour cette raison que des protons magnétiquement équivalents apparaissent sous la forme d’un signal unique.
Phénomènes d'échange de protons Comme on peut le prévoir, compte-tenu du mécanisme, la vitesse du phénomène d'échange dépend de la température. Les figures ci-dessous représentent les spectres RMN du méthanol pur enregistrés respectivement à -65 °C et à 40 °C. On interprète ce résultat expérimental par un échange rapide des protons entre toutes les molécules de méthanol qui intervient seulement à partir d'une certaine température. En dessous de celle-ci, chaque proton reste un temps suffisamment long sur une molécule donnée pour que le couplage se manifeste.
Pour une analyse théorique de l'échange chimique : consulter [50] Bibliographie
Lorsque le nombre de liaisons séparant les protons couplés est supérieur ou égalà 4, on parle de couplage à longue distance. Ce type de couplage est observé dans des structures en M ou en W telles que celles qui sont représentées ci-dessous.

Des pics parfaitement symétriques n'apparaissent que dans le cas où la différence des fréquences de résonance nA - nX des groupes de noyaux A et X est beaucoup plus élevée que la constante de couplage J.
On peut montrer par un calcul de mécanique quantique, que les niveaux énergétiques des deux noyaux ne peuvent jamais s'intercaler. Afin d'éviter un tel croisement des niveaux, les pics intérieurs ont une intensité qui croit aux dépens des pics extérieurs dont l'intensité diminue. Les barycentres des doublets restent fixes à la valeur (nA + nX)/2.
On donne le nom de quadruplet AB à ce type de spectre. Le rapprochement des lettres A et B dans l’alphabet indique que la différence nA- nB n’est pas grande devant la constante de couplage.

Le phénomène d'échange de prtons est un cas particulier d'échange chimique qui s'observe chaque fois qu'un proton est suffisamment mobile pour pouvoir être échangé entre deux molécules. On va rencontrer ce phénomène dans les familles de composés où le proton est lié à un hétéroatome : les alcools, les amines, les acides carboxyliques.



[2] P. J. Hore - Nuclear Magnetic Resonance, Oxf Chemistry Primers, Oxford University Press (1995).
[3] R. J. Abraham, J. Fischer, P. Lofthus - Introduction to NMR Spectroscopy, Wiley New-York (1991).
[4] R. K. Harris - Nuclear Magnetic Resonance Spectroscopy, Longman, London (1986) .
[5] P. Atkins - Molecular Quantum Mechanics, Oxford University Press (1983) .
[6] P. Laszlo P. J. Stang - Spectroscopie Organique, Hermann (1972).
[7] V. Minkine - Théorie de la structure moléculaire, Editions Mir (1979).
[8] T.C. Farrar
An Introduction To Pulse NMR Spectroscopy Farragut Press, Chicago, 1987.
.
[20] Cours de RMN ; Université en ligne.
Excellent cours de RMN en français !
[21]
The Basics of NMR by J.P. Hornak
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[22]
Imagerie par résonance magnétique nucléaire
Principes de la RMN, obtention des images,
interprétation du contraste etc.
[23]
MRI Resource Directory NMR
Site portail relatif à la RMN
[24] La RMN en phase liquide par D. Canet, Laboratoire de Méthodologie RMN Université de Nancy.
[25] Research in Nuclear Magnetism Edward M. Purcell, The Nobel Prize in Chemistry 1952
[26] Nuclear Magnetic Resonance Fourier Transform Spectroscopy Richard R. Ernst, The Nobel Prize in Chemistry 1991
[27] NMR Studies of Structure ans Function of Biological Macromolecules Kurt Wüthrich, The Nobel Prize in Chemistry 2002
[28] Histoire de la RMN autour de ses premiers acteurs par Maurice Goldman
[29] Aide et outils en RMN
[30] Principes physiques de la RMN
[31] Cours de RMN
[32] Exemples de spectres de RMN Dr. Scott Van Bramer Widener Univeristy
[33] Cours de RMN à l'ESPCI
[34] Cours de RMN, Université de Montréal
[35] Etude de chaîne glycannique par RMN
[36] NMR by Suzanna Strauss University of British Columbia.
[37] Principes élémentaires de la RMN
[38] RMN,IUT Lannion
[39] Cours de RMN par M. Petit
[40] Phénomènes d'échange en RMN
[41] Couplage en RMN
[42] Notion de RMN par impulsions. Cours de l'ESPCI
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Texte, dessins, photographies : Gérard Dupuis - Lycée Faidherbe de LILLE
juillet 2010