Cours de chimie Organique - G. Dupuis - Lycée Faidherbe de Lille
Eléments de stéréochimie dynamique
(travail en cours)
Série acyclique
Le citral et le b-cyclocitral sont des isomères de fonction. L'isomérisation du citral C en b-cyclocitral D est catalysée par les ions H+.

Dans l'étape de cyclisation, la molécule doit adopter une conformation permettant le rapprochement à une distance convenable des extrémités de la molécule.




Série cyclique
Les effets conformationnels en série cyclohexanique peuvent être étudiés en utilisant des cycles substitués par un groupement volumineux comme le groupe tertiobutyle. Les dérivés substitués de la (trans)-décaline ont été aussi utilisés.
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Composé |
R2 (cis) |
R1 (trans) |
|
Vitesse relative d'acétylation |
1 |
3,7 |
Ils peuvent être interprétés grâce au mécanisme de la réaction :
La différence d'enthalpie libre standard entre les tertiobutylcyclohexanols cis et trans, peut être évaluée à partir des préférences équatoriales des substituants qui sont données dans les tables. Elle est voisine de 3 kJ.mol-1. Pour les intermédiaires I1 et I2, on peut s'attendre à une différence beaucoup plus élevée du fait de substituants plus volumineux. Le diagramme énergétique suivant résume la situation.

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Intermédiaire |
I2 |
I1 |
| Les schémas ci-contre représentent les intermédiaires I1 et I2 à l'aide des rayons de Van der Waals des atomes (représentation spacefill). On met ainsi en évidence les interactions 1, 3-diaxiales dans I2 qui n'apparaissent pas dans I1. |
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Intermédiaire |
I2 |
I1 |
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Structure |
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|
Le diagramme ci-dessous illustre la situation.

Nous allons faire l'hypothèse que la proportion des produits P1 et P2 est le fruit d'un contrôle cinétique. Dans ces conditions, le rapport des quantités de produits formés dépend de leur vitesse de formation :

Les réactifs sont en équilibre rapide avec une constante thermodynamique K*.



Utilisons la formule d'Eyring afain de relier les constantes de vitesses aux enthalpies libres standard d'activation.



![]()

Comme exemple d'application du principe de Curtin-Hammett, considérons la réaction de Diels-Alder entre un diénophile comme le dicyano-1,2-éthène et le buta-1,3-diène.

Dans cette réaction, le diène réagit dans la conformation s-cis (I) bien que celle-ci soit moins stable que la conformation s-trans (II) car cette dernière conduit à l'état de transition d'enthalpie libre minimale.

Naturellement, les résultats précédents ne sont plus valables si le passage d'une conformation à l'autre implique une barrière énergétique du même ordre de grandeur que celle des réactions dans lesquelles elles sont impliquées. Notons qu'il existe des cas où la différence d'énergie est telle qu'on peut séparer les conformations. On a alors des atropisomères.
Les types d'inversion stéréochimiques
Racémisation
Il s'agit de la transformation qui accompagne le passage d'un composé énantiopur au mélange racémique des deux énantiomères. Elle s'accompagne
d'une diminution du pouvoir rotatoire de la solution, de la valeur caractéristique du composé pur jusqu'à zéro.


Un autre exemple est constitué par les substitutions nucléophiles monomoléculaires sur les dérivés halogénés ou sur les alcools.
Epimérisation
Il s'agit de la transformation qui accompagne la mise en équilibre de deux épimères. On rencontre aussi ce type de transformation dans l'hémiacétalisation des sucres. On préfère parler dans ce cas d'anomérisation pour distinguer cette épimérisation particulière dans laquelle la transformation affecte l'atome de carbone de la fonction hémiacétal. Le pouvoir rotatoire passe de la
valeur caractéristique des épimères purs (A) ou (B) à celle du mélange en équilibre des deux épimères.

Le phénomène optique qui accompagne cette transformation porte le nom de mutarotation.
La sélectivité et sa mesureRéactions stéréosélectives
Considérons une réaction au cours de laquelle un substrat A conduit à plusieurs produits stéréoisomères : A1, A2, ... , An. Cette réaction est qualifiée de stéréosélective
si elle conduit de façon préférentielle, voire exclusive, à l'un d'entre-eux :
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Exemple : l'hydrogénation catalytique sur Ni de Raney du (Z)-3,4-diméthylhex-3-ène de configuration Z fournit le (3R, 4S)-diméthylhexane (1') (composé unlike) à l'exclusion du couple d'énantiomères (3R, 4R)-diméthylhexane et (3S, 4S)-diméthylhexane tous deux diastéréoisomères du précédent.


Un autre exemple est fourni par l'élimination bimoléculaire E 2 sur les dérivés halogénés.


L'inversion de configuration du centre chiral porte le nom d'inversion de Walden.
Remarque 1 : l'inversion de Walden peut naturellement s'effectuer sans modification de la configuration absolue. Pour un exemple de ce type.
Remarque 2 : une réaction stéréospécifique est toujours stéréosélective mais l'inverse n'est pas vrai. L'hydrogénation d'un alcyne catalysée par le palladium de Lindlar est une réaction fortement diastéréosélective de stéréochimie syn.

Elle n'est pas stéréospécifique car le substrat ne possède pas de stéréoisomère.
Rapport diastéréoisomérique, excès diastéréoisomérique
Considérons un mélange de diastéréo-isomères A1 et A2 de concentrations respectives C1 et C2. On adopte les définitions suivantes :


Ces notions s'appliquent en particulier à une réaction diastéréosélective qui transforme un substrat A en deux produits diastéréo-isomères A1 et A2.
![]()
Excès énantiomérique
Considérons une solution constituée d'un mélange d'énantiomères A1 et A2. Faisons l'hypothèse que l'un des énantiomères, par exemple A1 est prépondérant. Désignons respectivement par C1 et C2 les concentrations des énantiomères A1 et A2.
On appelle rapport énantiomérique, la quantité :


La pureté énantiomérique peut être reliée à la pureté optique sans lui être équivalente dans tous les cas.
Ces notions s'appliquent en particulier à une réaction énantiosélective qui transforme un substrat A en deux produits énantiomères A1 et A2.
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Synthèse stéréosélective de composés chiraux
Synthèse asymétrique, induction asymétrique
La synthèse stéréosélective d'un composé chiral à partir d'un précurseur achiral sans recours à des dédoublements de produits ou d'intermédiaires racémiques est appelée traditionnellement synthèse asymétrique.
Il existe un désaccord sur l'extension de cette définition à des substances dont les molécules comportent déjà un ou plusieurs éléments chiraux, et dans lesquelles la synthèse introduit un nouvel élément chiral. C'est la raison pour laquelle il est préférable de remplacer ce terme traditionnel par synthèse stéréosélective et plus précisément par synthèse énantiosélective ou synthèse diastéréosélective selon le cas.
Le terme d'induction asymétrique se réfère à la formation prédominante de l’un des énantiomères ou diastéréo-isomères possibles au cours d’une réaction sous l’influence d’un facteur chiral.
On distingue, par ordre chronologique, plusieurs générations de méthodes mises au point et employées dans la synthèse de composés chiraux :Une synthèse du 6-méthylhept-5-én-2-ol, une phéromone d'insecte encore appelée sulcatol, part du L-fucose comme substrat chiral de départ. La cyclisation du L-fucose en hémiacétal permet la conservation de 4 centres chiraux. Notons qu'un seul d'entre-eux (le C5) est conservé dans la molécule cible.



Aspect énergétique Le produit cinétique est aussi le produit thermodynamique. Le produit cinétique n'est pas le produit thermodynamique
Il faut distinguer le cas d'une synthèse diastéréosélective de celui d'une synthèse énantiosélective.
Dans l'exemple ci-dessous, la formation de l'énantiomère (-) est plus rapide que celle de l'énantiomère (+).



Réactions contrôlées par le substrat
Introduction
Un cas particulier d'induction asymétrique est l'influence exercée par un centre chiral sur le déroulement stéréochimique d'une réaction impliquant les faces diastéréotopiques d'une fonction insaturée située à proximité de ce centre chiral. Un exemple typique est l'influence exercée par un atome de carbone asymétrique adjacent à un groupe carbonyle. Les premiers exemples de ce type remontent aux travaux d'Emil Fischer lors de son étude des sucres de la famille du glucose (1894). Par addition d'ions cyanure suivie d'hydrolyse sur le L-arabinose, Fischer avait remarqué que seul l'acide mannonique I est obtenu à l'exclusion de son épimère, l'acide gluconique II.
Il s'agit dans ce cas d'induction asymétrique 1,2 car le centre asymétrique inducteur est lié à celui qui est nouvellement créé.

Notons que le contrôle de la diastéréosélectivité en série acyclique est souvent plus difficile à obtenir qu'en série cyclique. En effet, il existe une beaucoup plus grande liberté conformationnelle dans le premier cas que dans le second. Notons cependant que des progrès spectaculaires ont été réalisés ces dernières années et que le contrôle stéréochimique en série acyclique est de plus en plus utilisé en synthèse.
Règle de Cram
Raisonnons sur l'exemple de l'addition d'un réactif organométallique sur un substrat carbonylé. La molécule de départ est la (2R)-2-phénylpropanal.
La molécule comporte un atome de carbone asymétrique adjacent au groupe carbonyle. La présence de ce centre chiral
rend les faces du carbonyle diastéréotopiques. L'addition d'un nucléophile achiral
sur chacune de ces faces conduit à deux composés diastéréoisomères 1 et 2 en proportions différentes. Il s'agit d'une réaction diastéréosélective.

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Composé |
I |
II |
|
% de produit |
71 |
29 |
En 1952 le chimiste américain D. J. Cram a proposé un modèle empirique d'état de transition permettant de prévoir dans un certain nombre de cas lequel des deux diastéréoisomères est le plus abondant. Cela revient à rechercher laquelle des deux faces prochirales réagit préférentiellement
avec le composé organométallique. Les groupes liés à l'atome de carbone asymétrique sont classés selon leur taille :
G > M > P
Le groupe G est placé le plus loin possible du groupe carbonyle c'est à dire dans une conformation antipériplanaire. Le modèle de Cram s'appuie sur une base stérique. Le nucléophile va réagir de façon préférentielle sur la face du carbonyle la plus dégagée c'est à dire celle qui contient le groupe le moins volumineux (P).

Plusieurs modèles d'états de transition ont été proposés pour rendre compte de l'induction asymétrique 1, 2. Celui qui donne les meilleurs résultats est le modèle de Felkin-Anh.
Modèle de Felkin
H. Felkin (1968) a proposé une modification de la règle de Cram à partir de considérations d'analyse conformationnelle.
Les groupes liés à l'atome de carbone asymétrique sont classés par taille décroissante :
G > M > P
Le carbonyle est placé perpendiculairement à G, tandis que le groupe R est placé le plus loin de M. Le nucléophile attaque le carbonyle dans une direction perpendiculaire. Cela correspond aux situations suivantes :
Modèle de Felkin-Anh
Le modèle de Felkin-Anh (1976), constitue une amélioration du modèle de Felkin. Dans ce dernier, le choix entre les états de transition F1 et F2 repose seulement sur les interactions au sein du substrat car toutes les distances faisant intervenir le nucléophile sont identiques. Dans le cas du modèle de Felkin-Anh le nucléophile intervient. Il attaque le carbonyle dans le demi-espace contenant P en respectant l'angle de Dunitz-Bürgi, voisin de 105° ou inférieur selon qu'il y a ou non assistance électrophile. Dans ces conditions, l'état de transition ci-dessous est favorisé car la trajectoire du nucléophile est celle qui passe au plus près du groupe P.


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R |
I (Felkin) |
II (anti-Felkin) |
|
H |
71 |
29 |
|
Et |
86 |
14 |
|
tBu |
96 |
4 |
La réaction implique le recouvrement entre la plus haute orbitale occupée du nucléophile et la plus basse orbitale vacante du carbonyle.
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|
Interprétation orbitalaire du modèle de Felkin-Anh. Lors de l'approche du nucléophile, les deux faces du carbonyle ne sont pas équivalentes. En plus de l'interaction principale entre la plus haute orbitale occupée par le nucléophile (HO) et la plus basse orbitale vacante (BV) du carbonyle, la disposition perpendiculaire entre les liaisons CO et CG permet un recouvrement secondaire favorable entre la HO du nucléophile et l'orbitale antiliante s* de la liaison C-G [7]. |
Dans ce modèle, les groupes attracteurs du fait de leur électronégativité (O, N, Cl) sont traités comme des groupes G (volumineux). NBn2 désigne le groupe amino protégé par un groupe benzyle.
Il existe plusieurs explications de ce phénomène. Un modèle électrostatique élémentaire (Wipf) consiste à admettre que le nucléophile va réagir du côté positif du dipôle formé par la liaison carbone-hétéroatome électronégatif. Donc, comme il le ferait avec un groupe volumineux.
Contrôle par chélation
La réaction suivante fournit avec une grande stéréosélectivité le stéréoisomère II (composé anti-Felkin).
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Composé |
I (Felkin) |
II (anti-Felkin) |
|
% de produit |
5 |
95 |
Ces résultats s'interprètent par la formation d'un complexe entre l'atome d'oxygène du groupe méthoxy jouant le rôle de base de Lewis et le composé organométallique jouant le rôle d'acide de Lewis.
L'attaque du nucléophile s'effectue sur la face la plus dégagée de ce complexe.
L'application sans discernement du modèle de Felkin, prédirait la formation du diastéréoisomère I du composé précédent.
Les cations permettant la chélation sont : Li+, Mg2+, Cu2+, Zn2+, Ti4+. En revanche Na+ et K+,sont en général impropres à jouer ce rôle.
Le contrôle par chélation n'est pas possible lorsque la fonction éther comporte des groupes volumineux comme dans les éthers de silyle TBS ou TBDPS comme le montrent les résultats du tableau ci-dessous.
Les réactions d'addition nucléophile des hydrures sur le groupe carbonyle font l'objet d'un paragraphe particulier dans le chapitre relatif aux composés carbonylés. La réaction suivante permet la préparation de diols 1,2 (après déprotection) avec une stéréochimie anti lorsque R est le groupe benzyle (Bn) et une stéréochimie syn lorsque c'est le groupe tertiobutylsilyle (TBS).

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Composé |
I (Felkin) |
II (chélation) |
|
R = Bn |
2 |
98 |
|
R = TBS |
95 |
5 |
Le contrôle par chélation peut s'accompagner d'une excellente diastéréosélectivité, souvent bien meilleure que la diastéréosélectivité obtenue dans le cadre d'un contrôle ordinaire selon Felkin-Anh..
Règle de Prelog
La règle de Prelog est utilisée pour prévoir le sens de l'addition sur les faces prochirales d'un groupe carbonyle située en g d'un centre chiral [12]. L'exemple suivant concerne l'addition d'un organomagnésien sur un cétoester. Les groupes carbonyles sont placés en position antiparallèle. Le groupe le plus volumineux (G) est placé dans le plan de figure.
L'organométallique attaque le carbonyle dans le demi-plan contenant le groupe le moins volumineux (P).

Synthèses diastéréosélectives en série cyclique
L'exemple choisi concerne l'addition des hydrures non encombrés sur les cétones cycliques. Elle s'effectue de façon préférentielle
par le biais d'une attaque axiale de l'ion hydrure. Après hydrolyse, l'alcool majoritaire est celui dont le groupe -OH et situé en position équatoriale.
La 4-tertiobutylcyclohexanone fournit un bon modèle pour cette réaction car le
basculement conformationnel est bloqué du fait de la présence du volumineux groupe
tertiobutyle. Les résultats sont les suivants :

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Composé |
A1 |
A2 |
|
LiAlH4 |
92 |
8 |
|
LiBH(secBu)3 |
7 |
93 |
|
|
Le rapport diastéréoisomérique de la réaction est : dr = 90 : 10 tandis que l'excès diastéréoisomérique est : de = 80 %.
Synthèses diastéréosélectives mettant à profit un auxilliaire chiral
Généralités Alkylation diastéréosélective d'Evans L'alkylation de l'énolate s'effectue sur la face la plus dégagée, c'est à dire du côté opposé au substituant fixé en 4. Pour achever la synthèse, il faut détacher l'auxilliaire chiral. La réaction de réduction par LiAlH4 fournit un alcool chiral.
La synthèse stéréosélective à partir de substrats et de réactifs achiraux est possible à condition d'utiliser
un auxilliaire chiral. Ce dernier est lié de façon covalente au substrat puis détaché de ce dernier. Les avantages sont :
Les inconvénients inhérents à ce genre de synthèses sont :
La préparation de dérivés acylés d'oxazolidinones substituées a été vue dans le chapitre consacré aux dérivés d'acides. Très récemment, des oxazolidonones chirales ont été préparées avec de très bons excès énantiomériques en mettant à profit la réaction d'aminohydroxylation énantiosélective de Sharpless. Par action du LDA, on obtient essentiellement l'énolate Z.


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La molécule représentée à gauche est dérivée d'une oxazolidinone d'Evans. Sur le modèle en 3D, on constate que les deux faces ne possèdent pas le même encombrement.
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Alkylation diastéréosélective par la méthode RAMP-SAMP
Cette méthode due à D. Enders est basée sur la formation d'hydrazones à partir de composés carbonylés [24].
SAMP est le sigle désignant la (S)-1-amino-2-méthoxyméthylpyrrolidine. Son énantiomère, la (R)-1-amino-2-méthoxyméthylpyrrolidine est noté RAMP. Le SAMP est préparé à partir de la (S)-hydroxyméthylpyrrolidine et le RAMP à partir de l'acide glutamique naturel [26].

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Molécule de (S)-1-amino-2-méthoxypyrrolidine (SAMP) .Sur le modèle en 3D, on constate que les deux faces du cycle ne possèdent pas le même encombrement.
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La méthode permet l'alkylation en a d'aldéhydes et de cétones.
L'exemple suivant concerne la synthèse d'une substance de défense d'une araignée ("Daddy-long-legs Spider"). L'excès énantiomérique est supérieur à 95 %.



Les avantages de la méthode sont les suivants :
Transfert temporaire de chiralité





Généralités
La chiralité est introduite par l'intermédiaire du réactif. Il n'y a plus besoin des étapes de fixation et de décrochage de l'auxilliaire.
Hydrures modifiés
L'alpine borane (réactif de Midland symbolisé par AB) ou le chloroborane de Brown sont des réactifs appartenant à la famille des hydrures de bore neutres (tout comme BH3 ou le DIBAL pour les hydrures d'aluminium). Ils permettent des réductions énantiosélectives de composés carbonylés.





Hydroboration-oxydation
Ce sujet a été étudié dans le chapitre consacré aux composés éthyléniques.

Déprotonation énantiosélective
L'utilisation d'une base chirale dérivée de la (S)-proline a permis au chimiste japonais M. Asami d'obtenir de très grands excès énantiomériques pour la déprotonation d'époxydes méso. Dans la réaction suivante, l'alcool allylique de configuration absolue S est obtenu avec un rendement de 77 % et un excès énantiomérique de 79 %.

Ce résultat peut être rationalisé en considérant les états de transition suivants.


Un autre exemple de déprotonation énantiosélective concerne la réaction entre le butyllithium complexé par la spartéine sur un dérivé de la pyrrolidine.
Généralités
Le catalyseur intervient dans l'état de transition afin de disposer réactifs et produits dans une géométrie préférentielle. Cette façon de procéder offre plusieurs avantages par rapport aux méthodes précédentes. Le catalyseur chiral est utilisé en faible quantité et il peut être facilement séparé du milieu réactionnel par chromatographie. Le premier exemple de ce type fut rapporté par Betti et Luchi en 1940. Il s'agissait de la réaction entre un composé organométallique, l'iodure de méthylmagnésium et le benzaldéhyde en présence de N, N-diméthylbornylamine.
La première réaction stéréosélective utilisant un catalyseur métallique chiral soluble permettant de discriminer les faces prochirales d'un substrat a été rapportée par R. Noyori en 1966 [13].

La formule du catalyseur utilisé est donnée ci-dessous.

Hydrogénation énantiosélective
Voici l'exemple de la synthèse d'un précurseur des vitamines E et K à partir du nérol, un alcool allylique. L'excès énantiomérique est : ee = 98 % [25].

Le ligand BINAP introduit par R. Noyori, existe sous deux formes énantiomères atropisomères. Le aR-BINAP est l'un des constituants
d'un catalyseur homogène au ruthénium utilisé dans les réactions d'hydrogénation énantiosélectives.
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Un autre exemple d'utilisation de l'hydrogénation énantiosélective catalysée par un complexe chiral soluble est celui de la synthèse par W. S. Knowles de la (L)-DOPA, un médicament actif vis à vis de la maladie de Parkinson.
Isomérisation énantiosélective
Les catalyseurs de Noyori peuvent également être utilisés pour promouvoir des réactions d'isomérisation. Un exemple est fourni par une étape de la synthèse industrielle du (-)-menthol à partir du myrcène, selon un procédé mis au point par des chercheurs de la firme japonaise Takasago [23]. Ce procédé fournit actuellement environ 30 % du marché mondial du (-)-menthol.

Dédoublement cinétique dynamique
L'énantiomère non réactif est impliqué dans un équilibre de racémisation avec l'énantiomère réactif. Si cet équilibre est suffisamment rapide par rapport à une réaction énantiosélective comme l'hydrogénation asymétrique, on obtient très majoritairement un seul énantiomère. C'est le principe de la méthode de dédoublement cinétique dynamique. Le cas de l'hydrogénation des b-céto esters a été étudié par Noyori [10].


Epoxydation énantiosélective (AE)
Dihydroxylation énantiosélective (AD)
K. B Sharpless 1987. La dihydroxylation énantiosélective des doubles liaisons éthyléniques.
Aminohydroxylation énantiosélective (AA)
K. B Sharpless 1996. L' aminohydroxylation énantiosélective des doubles liaisons éthyléniques.
Amplification chirale
La plupart du temps, lors d'une catalyse ou d'une autocatalyse énantiosélectives, l'excès énantiomérique du produit ee (p) est proportionnel à celui du catalyseur ee (c).
eeo est l'excès énantiomérique du produit lorsque celui du catalyseur vaut 100. Lorsque cette proportionnalité n'a pas lieu, il s'agit d'un effet non linéaire :
Le premier exemple d'amplification chirale significative a été mis en évidence par le chimiste français H. B. Kagan à propos de l'époxydation asymétrique de Sharpless du E-géraniol.
Un modèle, proposé par Kagan en 1994 fait intervenir la formation de diastéréoisomères TiLRLS , TiLRLR et TiLSLS catalytiquement actifs avec une constante de vitesse différente, présents dans des proportions fixées par une constante d'équilibre K.
Selon la réactivité du complexe méso TiLRLS par rapport aux complexes chiraux TiLSLS et TiLRLR un effet non linéaire positif ou négatif peut-être observé.
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Un exemple d'amplification chirale mis en évidence par R. Noyori concerne l'addition énantiosélective des dialkylzinciques sur les aldéhydes aromatiques.
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Autocatalyse énantiosélective
Dans ce cas, le produit chiral formé sert de catalyseur pour sa propre synthèse. Il est mis en quantité catalytique au début de la synthèse.


3 mg de substrat présentant un excès énantiomérique ee = 0, 18 % conduisent à 323 mg de produit avec un excès énantiomérique ee = 83, 2 %. On voit que l'amplification chirale est très importante.
Ouvrages théoriques
J. March, Advanced organic chemistry, Wiley Interscience.
F. A. Carey, R.J. Sundberg, Advanced organic chemistry, 3d edition (Plenum Press, 1990).
H. Kagan, La stéréochimie organique (PUF, 1975).
J. L Pierre Principes de stéréochimie organique statique (A. Colin, 1971).
J. Seyden-Penne, Synthèse et catalyse asymétriques, (CNRS éditions, 1994).
R.E. Gawley, J. Aubé, Principles of Asymmetric synthesis, Pergamon, 1996.
K. Mislow, Introduction to stereochemistry (W. A Benjamin, New York).
J. Jacques, La molécule et son double (Hachette, 1992).
Liens
Catalysis and Enantioselective Synthesis
Substitutions nucléophiles énantiosélectives sur des aziridines meso par P. Nury
(R-(-)-10-methyl-1(9)-octal-2-one by G. Revial and M. Pfau
Thèse S. Malfait
Thèse Delacroix
Effets non linéaires dans les réactions asymétriques par Nathalie Guicher
Cours sur la synthèse asymétrique d'Orsay
Diastéréosélective aldol condensation by James R. Gage and David A. Evans
Transformation of pseudoephedrine amides into highly enantiomerically enriched aldehydes, alcohols and ketones by Andrew G. Myers, Bryant H. Yang, and Hou Chen.
Asymmetric Synthesis of a-amino acids by the alkylation of pseudoephedrine glycinamide : L-allylglycine and N-boc-L-allylglycine by Andrew G. Myers and James L. Gleason.
Felkin-Anh model and chelation control
Synthese de liaisons CC
Termes généraux de la chimie (Journal Officiel 3 juillet 1996)
The Noyori Asymmetric reaction
[20] Catalytic Enantioselective Additions of Dialkyl Zincs to Aldehydes using (2S)-DAIB) by Masato Kitamura, Hiromasa Oka, Seiji Suga, and Ryoji Noyori.
[23] (-)-menthol from myrcène
[24] Asymmetric syntheses using the SAMP/RAMP method by Dieter Enders, Helmut Kipphardt, and Peter Fey
[25] Asymmetric Hydrogenation of Allylic Alcohols using BINAP-Ru Complex by R. Noyori and Coll
[26] SAMP and RAMP versatile chiral auxiliaries by Dieter Enders, Peter Fey, and Helmut Kipphardt
[28] P. Vogel, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.
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Gérard Dupuis - Lycée Faidherbe - LILLE
décembre 2007