Conférences

Sous le patronage de Patrick Wattellin, proviseur,
conf2
organisées en salle des conférences

Cycle 2017 - 2018
 

 
mardi 5 juin 2018
à 19h
exceptionnellement
en salle des Causeries
bâtiment S

« LES FINANCES DU ROI DE FRANCE (XIIIe-XVe siècle) »

une conférence de Jean-Baptiste SANTAMARIA, maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l'université de Lille, auteur de "La Chambre des comptes de Lille de 1386 à 1419" (Brepols, 2011), "Le Secret du Prince" (Champvallon, 2018).

L’argent des princes et des rois est à la fois personnel, dans la mesure où leur domaine est un patrimoine, et public, tant ils exercent une mission pour le « bien commun ». Il sert donc à faire vivre son hôtel, sa maison, et exercer le pouvoir. Mais alors que les revenus traditionnels baissent à partir du XIVe, les dépenses explosent. Le développement de la puissance des princes exige l'accroissement de la masse d'argent entre leurs mains, ce qui les conduit à recourir à divers expédients dont le statut n'est pas toujours défini, d'autant que la notion traditionnelle d'un prince "vivant du sien" ne facilite pas l'acceptation d'un impôt de "service public".

 

mardi 15 mai 2018
à 19h
exceptionnellement
en salle des Causeries
bâtiment S

« Autour du livre :
REBELLES DE LA FOI
Les protestants en France, XVIe – XXIe siècle »


une conférence de David FEUTRY, ancien élève du lycée Faidherbe, archiviste – paléographe, auteur de "Plumes de Fer et Robes de Papier (2013)

L’histoire des protestants en France n’est pas close, bien au contraire. D’abord parce qu’ils constituent un thème de prédilection pour les médias, cherchant toujours à en faire une minorité agissante, mais surtout parce que le protestantisme connaît un renouvellement perpétuel. Né au XVIe siècle en Europe, le protestantisme est au cœur d'un profond renouvellement spirituel et intellectuel mais aussi de guerres civiles sanglantes et dévastatrices. L'histoire des protestants en France est celle d'une lente et difficile pacification qui met la tolérance au cœur de la réflexion politique et religieuse. À travers de grands textes commentés, David Feutry retrace la longue histoire du protestantisme français. La lecture de ces textes nous plonge dans une réflexion profonde sur les fondements et remous de la question religieuse en France.

 

mardi 27 mars 2018
à 19h

« LE PLANCHER DE JOACHIM
L’histoire retrouvée d’un village français»


une conférence de Jacques-Olivier BOUDON, professeur d’histoire contemporaine, Sorbonne Universités, directeur du Centre de Recherche en histoire du XIXe siècle, Président de l’Institut Napoléon.

Au début des années 2000, les propriétaires du château de Picomtal, dans les Hautes-Alpes, découvrent, au revers des planchers qu’ils rénovent, des inscriptions. Cent vingt ans plus tôt, vers 1880, Joachim Martin, menuisier, a écrit au dos des lattes qu’il a lui-même solidement clouées au sol. Ses confessions revêtent un caractère exceptionnel. L’homme sait qu’il ne sera lu qu’après sa mort. Il adresse un message outre-tombe et parle de lui, de ses angoisses, de sa famille, de ses voisins. Il décrit une société villageoise bouleversée par l’arrivée du chemin de fer, l’exode rural, les crises politiques, l’enracinement de la République. Il livre surtout les secrets les plus lourds et parfois les plus intimes des uns et des autres. Joachim Martin s’avère un témoin passionnant des mœurs souvent cachées de son temps. A travers ses écrits hors du commun, c’est toute une époque qui revit.

 

jeudi 15 mars 2018
à 19h

« CAMILLE ET LUCILE DESMOULINS - ÉCRIRE LA LIBERTE - »

une conférence de Hervé LEUWERS, professeur des Universités à Lille, ancien directeur des Annales historiques de la Révolution française, auteur de La Révolution française et l’Empire (PUF, 2011), Robespierre (Fayard, 2014 ; Pluriel, 2016) et Camille et Lucile Desmoulins. Un rêve de république (Fayard, 2018).

Avant de monter sur l’échafaud, en 1794, Lucile et Camille Desmoulins ont montré une pratique de l’écrit qui, à chaque fois, a été une école de la liberté : chez Lucile, l’écriture intime pour l’affirmation de soi dans l'espace privé ; chez Camille, la poésie pour l’expression libre des sentiments, le discours ou le journal pour le combat en faveur de la république. Leurs manuscrits et imprimés permettent d’analyser leur parcours commun, ainsi que l’émergence et les formes de leur exigence démocratique.

 

jeudi 8 février 2018
à 19h

« Participation et développement dans les espaces protégés habités au Brésil »
Le cas de la mosaïque d’aires protégées Sertão Veredas-Peruaçu (Minas Gerais)

une conférence de Lucie MORÈRE, docteure en géographie et attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Lille

Cette communication s’appuie sur mon parcours de doctorat de géographie mené entre la France et le Brésil. Je commencerai par une brève présentation de mon parcours universitaire et de la construction de ce projet de recherche. Après avoir rappelé quelques éléments sur la protection de la nature au Brésil, nous nous attarderons sur le Système National des Unités de Conservation de la nature. Nous insisterons sur un outil original de planification et de développement à l’échelle régionale : les mosaïques d’aires protégées. Pour mieux en cerner les contours et la réalité, je vous proposerai une immersion dans le Cerrado du nord du Minas Gerais, terre de destruction et de conservation de la nature. Je partagerai mes questionnements de recherche, introduirai ma méthode, puis exposerai quelques-uns de mes résultats concernant la participation des différentes parties prenantes à la construction et gestion de ces territoires d’une part et aux formes du développement promu et mis en œuvre d’autre part.

 

jeudi 1er février 2018
à 19h

« ARCHÉOLOGIE DES MIGRATIONS »

une conférence de Dominique GARCIA, professeur des Universités, Aix-Marseille, président de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP)

Au cœur de nombreux débats contemporains, la question des migrations est devenue un enjeu majeur, au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires ne sont pas le propre de notre époque. L’archéologie apporte des informations essentielles sur ces mouvements de population à grande échelle qui se sont succédé de la Préhistoire, avec les premiers hominidés quittant l’Afrique – au XXIe s. Volontaires ou contraintes, ces migrations ont induit diaspora, colonisation, métissage, intégration et ségrégation.

 

jeudi 18 janvier 2018
à 19h

« UNE POLITIQUE ETRANGERE « PROGRESSISTE » AUX ÉTATS-UNIS (1901-1920) ? »

une conférence de Simon GRIVET, maître de conférences en civilisation et histoire des États-Unis, Université de Lille

L’historien américain William LEUCHTENBERG souligne dans un article déjà ancien ce paradoxe : la plupart des hommes politiques « progressistes » ont largement soutenu la politique étrangère expansionniste menée par leur pays à la fin du XIXe et au début du XXe siècle en Asie, dans le Pacifique ou en Amérique centrale et aux Caraïbes. Comment rendre compte de cette apparente contradiction entre un mouvement, certes multiple et presque insaisissable sous certains aspects, mais qui défendait l’approfondissement de la démocratie, l’égalité homme-femme, l’éducation, le rôle régulateur de l’État et de la puissance publique dans la vie socioéconomique, etc. avec la politique proprement impérialiste menée à partir de la guerre à l’Espagne en 1898 ? Derrière cette apparente contradiction se trouve en réalité une cohérence surprenante. De nombreux progressistes voyaient dans les aventures guerrières de leur pays l’accomplissement d’une mission et d’une destinée permettant de répandre la démocratie dans le monde. Leur progressisme se montrait alors compatible à la fois avec le « nationalisme civique » de Roosevelt et avec certains aspects de l’idéalisme wilsonien.

 

mardi 9 janvier 2018
à 19h

« PENSER LE LIBAN (1943-1990) »

une conférence de Stéphane MALSAGNE, historien, docteur en Histoire (Paris I), enseignant à Sciences-Po, auteur de Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’histoire libanaise (Karthala 2011), Louis-Joseph Lebret : Journal au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964) (Geuthner 2014), Charles-Eudes Bonin (1865-1929), explorateur et diplomate (Geuthner 2015)

De l’indépendance obtenue en 1943 après 23 ans de mandat français, jusqu’à la fin d’une guerre destructrice de quinze ans en 1990, le Liban est un pays spécifique au Moyen-Orient. Laboratoire du confessionnalisme politique, il fut d’abord dans les années cinquante et soixante le théâtre d’expériences politiques inédites et un foyer d’attraction privilégié des élites intellectuelles et politiques arabes. Le Liban n’est pourtant pas cette « Suisse du Moyen-Orient » que les brochures publicitaires s’évertuent à présenter et le « miracle libanais » d’avant-guerre tient lui aussi largement du mythe. Depuis le XIXe s., le poids des ingérences étrangères a fortement et continuellement façonné ce pays dont l’Etat émancipé de la tutelle française, n’est pourtant jamais parvenu à se transformer en Etat-nation. La désintégration de l’Etat a précédé la longue période de la guerre dite « civile » (1975 et 1990) où le poids des facteurs régionaux atteint son apogée. Cette guerre à la grille de lecture multiscalaire fut à bien des égards une « guerre pour les autres ».

 

lundi 27 novembre 2017
à 19h

« Quelle Histoire pour l'Europe ?

Europa. Notre Histoire (Les Arènes, 2017) »

une conférence de Thomas SERRIER, professeur des Universités, Lille III.


EUROPA. Notre Histoire,
pour savoir qui nous sommes. Une enquête conduite par 109 historiens et intellectuels du monde entier pour explorer notre histoire. Pour savoir d’où nous venons. Une traversée de 25 siècles pour raconter les héritages qui nous façonnent.
En dépassant le cadre de notre seul pays pour se placer à l’échelle de toute l’Europe, ce livre répond aux questions que chacun se pose : QUI SOMMES- NOUS ? D’OÙ VENONS- NOUS ? OÙ ALLONS-NOUS ? La réponse en un volume de 1392 pages.

 

jeudi 9 novembre 2017
à 18h

« L’exercice du métier de journaliste.
Les filières professionnelles vers ce métier. »


une conférence de Nicolas CRESTEL, journaliste et responsable pédagogique de l’Académie E.S.J. de Lille.


Créée en 1924, l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille) est l’une des premières écoles professionnelles de formation au journalisme en Europe et la première école en France.

 

mardi 3 octobre 2017
à 19h

« RÉSISTER AU FÉMININ DANS LA ZONE INTERDITE.
1940-1944, ET APRÈS ? »


une conférence de Catherine LACOUR-ASTOL, docteure en histoire contemporaine, IA-IPR d’histoire-géographie, académie de Lille.


Plus encore que la Résistance dont l’histoire a longtemps été écrite au masculin, la mobilisation des femmes dans la Résistance, pourtant objet d’un hommage immédiat, a connu une historicisation délicate. Interroger la Résistance dans une perspective de genre, c’est prendre appui sur les avancées d’une recherche récente et ainsi éclairer un engagement spécifique tant par ses modalités que par son devenir. C’est aussi mettre en évidence une autonomie féminine insoupçonnée. Inscrit dans un espace singulier à plus d’un titre – la zone interdite, soit les départements du Nord et du Pas-de-Calais -, le propos vise aussi à éclairer la diversité des régimes et des expériences d’occupation, la pluralité des engagements résistants, et donc la dimension territoriale de la Résistance.

 

jeudi 28 septembre 2017
à 19h

« CANNES 1939, LE FESTIVAL QUI A EU LIEUX »

une conférence de Olivier LOUBES, professeur d’histoire en khâgne au lycée Saint-Sernin de Toulouse, historien de l’imaginaire politique et de l’enseignement (CNRS FRAMESPA/Université de Toulouse 2 Jean Jaurès), correspondant de la revue L’Histoire.


Tout était prêt ! Pourtant, le 29 août 1939, la guerre qui va éclater annule la toute première édition – prévue du 1er au 20 septembre – de ce qui allait devenir le principal événement culturel mondial. Cannes 1939 n’a donc pas eu lieu. Pourtant ce festival a existé en de nombreux lieux. L’ambition de cette conférence sera justement de parcourir ces lieux en images pour comprendre ce que signifiait la création d’un Festival international du Film en 1939. Grâce aux archives abondantes et inédites du Festival et à l’analyse des films sélectionnés en compétition, on ira de Venise à Cannes en passant par Munich, New York et Paris. En deux secondes de cinéma, c’est à dire en deux fois 24 images, il s’agira d’abord de voir que la fabrique de Cannes 1939 fut le lieu de l’invention d’une diplomatie culturelle antifasciste (sans oublier de questionner chemin faisant le rapport entre les Etats-Unis et le monde). Puis en s’attachant au contenu des films sélectionnés, on se demandera si cette première séance ne fut pas avant tout « l’anthologie prémonitoire » (G. Perec) des festivals à venir.

 

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